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Alice METEIGNIER           Julia SCALBERT           Marijke VASEY

Exposition du 31 mai au 13 Juillet 2024

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Pli, acrylique et encre de Chine sur coton cousu et enchassé 146x114cm,  2024

Alice METEIGNIER

Vit et travaille à Paris

« Dans son travail de peinture, Alice Meteignier tente d’aller au-delà du geste. Car le geste n’est jamais complètement autonome, elle met en place un protocole où elle recherche son dépassement et peut être sa libération.

À l’encre de Chine sur la toile humide, elle trace d’un geste brut, instinctif. La main doit être plus rapide que l’oeil et la pensée, pour échapper à leur vigilance et peut être les surprendre. Par capillarité, l’encre se répand, s’échappe et s’estompe dans la trame, le geste laisse son empreinte spectrale. Avec la couleur, l’artiste sculpte les formes par leurs contre-formes ; et par assemblage des différentes toiles, des rencontres se créent, de nouveaux espaces s’ouvrent qu’elle unit par la couture. La fluidité de l’encre se mêle à la rugosité de la peinture, l’intuitivité du mouvement rencontre la méticulosité de la couture.

Et finalement la mise en tension sur le châssis transforme les traces de plis en souvenirs. Ses peintures sont un dialogue tout en contraste entre dynamisme et mélancolie, où l’empreinte originelle joue avec son effacement. En déployant le geste dans sa pluralité, de la fugacité de l’instinct au temps long de l’attention délicate, Alice Meteignier offre au fil de son oeuvre, un écrin à son affranchissement. »

Texte de Pauline Faivre

Julia SCALBERT

Vit et travaille à Marseille

Subtilité et retenue pourraient qualifier les premiers travaux de Julia Scalbert. Sa palette de couleur estompe les contrastes et atténue la forme en la baignant dans un camaïeu de couleurs froides. Les formes indécidables mais pourtant presque familières, ces choses simples, confusément organiques, figées dans une quasi-immobilité, sont posées frontalement contre un fond presque monochrome, dans l’esprit simplifié de la nature morte. Cette suggestion de volume, bas-relief sans épaisseur, est le résultat de l’empilement de très fines couches de peinture fluide, de glacis successifs, dont la superposition galbe la forme en lui donnant une légèreté presque immatérielle. L’espace vacant, habité d’une forme muette, nimbé d’une lumière diffuse de début ou de fin de jour, suggère (l’imagination ayant horreur du vide) une attente qui diffuse par capillarité une vague inquiétude née de son étrangeté. Peut-être même l’impression d’une violence contenue à cause de la fausse dureté de ces formes molles. Car ces formes, qu’elles semblent faites de matières souples ou rigides (tuyaux, cubes, chairs, boutons ou corolles de fleurs) ne montrent rien de plus au regardeur, que leur présence énigmatique. Dans ses travaux les plus récents, les références sont plus naturellement organiques, explicitement végétales. Le traitement de la peinture reste le même. Une lumière voilée, légère, estompe la forme sur la toile. La palette est resserrée en un camaïeu pastel de couleurs sourdes, plus claires et plus douces. La fleur est le thème récurrent. Le dessin est à la fois tendu et gracieux. La fleur est pleinement ici métaphore de la féminité, fragile et éphémère, ouvrant aussi bien sur le corps que sur le sexe, l’accouplement, que la maternité. Elle propose, dans l’espace éthéré de la toile, une sensualité lascive. Pourtant ces fleurs, dont les tiges élancées exhibent leurs organes reproducteurs, n’habillent pas leur coquetterie de couleurs attrayantes, singulières. Leur effacement formel semble être l’effet d’une pudeur trompeuse ou faussement naïve, alors qu’elles diffusent sans aucun doute, un parfum insistant, charnel (un musc), qui tournera la tête aux pollinisateurs. Une symbolique féministe qui, sans être tonitruante, s’insinue dans la conscience du regardeur, pour finir par imposer son évidence. Les céramiques de Julia Scalbert ont une densité qui contraste avec son travail de peinture. Leur sensualité renoue avec les formes premières, qu’elle recompose, des cultes agraires, nourriciers, aux premiers temps de l’humanité, telle les Vénus de Savignat ou de Lespugue ou l’Artémis d’Éphèse. Le sexe stylisé renvoie autant au sexuel qu’à la déesse mère, la maternité et le matriarcat. Face à l’étrangeté du vivant, aux énigmes qu’il nous pose, l’artiste développe une poétique, bâtie sous l’angle des pulsions intimes, des profondeurs organiques et vitales. On y relève des affinités possibles, qu’elle reconnait, avec les travaux de Philip Guston et de Giorgio Morandi. Elle construit un espace visuel, sensible, dont la douceur apparente, la retenue, l’harmonie silencieuse reproduisent le temps de cette spiritualité charnelle quand la lumière de l’aube, dissipant la brume nocturne, offre à l’esprit et au corps l’expérience d’un début incertain, silencieux, inquiet encore. Temps symbolique de la naissance ou de la reconnaissance. Jean-Paul Blanchet 2023 – Des univers silencieux

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Sans titre - 2023 - acrylique sur toile - 92 x 73 cm

Sans titre, Huile, acrylique et peinture aérosol sur toile. 120x150 cm 2021.PNG

Sans titre, Huile, acrylique et peinture aérosol sur toile. 120x150 cm 2021

Marijke VASEY

Vit et travaille à Beaubery

"Marijke Vasey invite à une contemplation solennelle et mystique. En ouvrant les portes vers d’autres ailleurs, par une peinture infusée de ses références à l’art décoratif, par les symboles actuels d’une image numérique en flottement, jusqu’aux évidentes fêtes galantes d’un 18e siècle volage, le cadre lui persiste, immuable. Comme les vastes portiques de La Vie Antérieure que Charles Baudelaire décrivait, les œuvres s’ouvrent ici vers des paysages de voiles aux teintes turnériennes, aux horizons fantasmatiques. Par ces espaces incertains, la charge émotionnelle inscrite dans les tableaux de M. Vasey se pare d’accords graves, mystérieux. Se fait jour alors une peinture dans la peinture, une image qui doit s’inventer par delà ses cadres envoûtants. Eux qui nous transposent dans un récit de l’imperceptible, de celui que l’on pressent peut-être dans ces traversées intemporelles, aux enjeux résolument contemporains et à la poésie nécessaire. Comme une impression de rideaux dont on dirait qu’ils s’apprêtent à retomber."

Texte de Paulin Scavone
 

Les événements durant l'exposition :

Samedi 8 Juin  :

Atelier d'écriture animé par l'autrice Caroline Gautier
A 10h00 / Infos et réservations >

 

Jeudi 27 juin  :

Nocturne à la galerie
Ouverture jusqu'à 21h00

 

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