Sophie DUPRÉ

« Légèreté convoquée,

Se voir dans d’autres femmes, se voir et s’oublier dans les ombres portées, avoir conscience d ‘être soi au travers de visages inconnus et fantomatiques.

Se voir en sous-vêtements, attributs de séduction qui cachent l’intimité de nos corps et qui invitent au rêve d’une possible fusion, sous les seins, le cœur.

Se voir aussi, parées de faux cils, à travers ces femmes qu’on insulte : la bécasse, l’otarie, l’hyène, la guenon…

Voir dans ces petites poupées, très populaires il n’y a pas si longtemps, ce paradoxe féminin de l’objet, de la séduction et aussi de l’ailleurs et de l’enchantement.

Ainsi la lumière qui traverse le verre s’oppose à la dureté de la pierre de rivière, l’encre transparente se dépose délicatement sur le papier brut de bambou.

Le mouvement, la posture, le dessin précis et patient des détails de textures, fabriquent ces portraits aux contrastes de force et de fragilité, de libération et de détermination.

Ces matériaux bruts, fragiles et froids créent, façonnent, réalisent et donnent naissance à la légèreté. » Sophie DUPRÉ