Juliette PARISOT

Juliette PARISOT est née à Lyon en 1986.

« Tu connais l’heure bleue, demande le personnage de Reinette dans un court métrage d’Éric Rohmer, en fait c’est pas une heure, c’est une minute, juste avant l’aube. Il y a une minute de silence ». […]

Le travail photographique de Juliette Parisot traque cette conjonction entre la lumière et l’instant, cette « heure bleue », ce moment d’intensité lumineuse si particulière qui, à l’aube ou au crépuscule, recouvre tout d’un voile bleu. Elle attend. Elle contemple la lumière. Elle photographie les ciels. […]

Elle photographie alors un bleu qui peu à peu perd de sa transparence pour s’assombrir, s’intensifier. Un bleu foncé, un peu mélancolique, qui porte déjà en lui les signes de son aspiration vers l’obscur. Un bleu entre l’azur et l’indigo, couleur à la fois lumineuse et sombre, fascinante et fragile. […]

Oui, des ciels s’assombrissant. Mais est-ce vraiment cela qu’elle nous montre dans la série de l’Heure bleue ? N’est-ce pas au contraire ce qui n’apparaît pas à l’image et qui s’impose à notre regard dans un léger décalage ? N’est-ce pas la lumière elle-même. Sa force et sa violence. Le souvenir de l’éblouissement d’une aube naissante. L’incendie rougeoyant et solaire du couchant. […] » Bernard Collet