Aurélie FOUSSARD

« Aurélie FOUSSARD photographie. […] Pour elle, photographier a toujours été une autre façon de faire silence. On se souvient des icônes corbuséennes, la Villa Savoye, Ronchamp ou l’unité d’habitation de Marseille, de sa façon d’entrer dans le silence des pierres des abbayes cisterciennes ou de ses photographies de bâtiments de Tadao Ando au Japon. Par le choix d’un format carré de composition, par les immenses aplats monochromes des murs, elle touchait à une forme picturale qui n’était pas éloignée de l’abstraction géométrique ou de l’art concret. Une proximité avec la peinture qu’elle revendique par le jeu de la lumière rasante, dans la frontalité de certains plans, dans la recherche de l’émotion jusque sur la peau des pierres et du béton, dans les vibrations silencieuses captées avec lenteur et sans esthétisme, avec juste ce qu’il faut de sensible pour les laisser apparaître. […] Par cette photographie en couleur qui ne rend qu’un dégradé de gris, un noir et blanc étrange d’un monde dont la couleur se serait absentée, par cette lumière de zénith qui parvient à entrer de façon paradoxale jusqu’au fond des architectures comme si elle venait, rasante, depuis la mer, elle atteint une irréalité qui accroit encore davantage le sentiment d’abandon et de désolation de ces ruines modernes. Elle ajoute de l’absence au silence. » Bernard Collet