Simon FEYDIEU

Mon goût pour les propriétés intrinsèques, chimiques ou architectoniques des matériaux que j’emploie est indirectement lié à l’influence que l’Arte Povera a eue sur ma pratique de sculpteur. Je m’évertue à les choisir déjà façonnés industriellement, calibrés et standard. Il ne s’agit donc pas de matières premières, pauvres ou nobles, et de leur pouvoir symbolique mais bien de leur conditionnement et de leur destination à un environnement ordinaire.

Ces matériaux sont d’ailleurs destinés à l’aménagement de l’architecture plutôt qu’à sa construction. Pas de fondation mais bien une intervention dans un espace préexistant. C’est en ces termes que j’envisage la part in situ et éphémère de mon travail: si l’artiste construit, il ne s’agit en rien de bâtir.

Les travaux plus récents ont délaissé la part in situ de mon travail pour s’intéresser au potentiel pictural des matériaux employés dans mes installations antérieures, notamment par la réalisation de bas en reliefs. Ceux-ci mélangent tant des processus de fabrication objectifs, proches de l’art concret, que des techniques picturales illusionnistes, dans la tradition des trompes l’œil matiéristes et des « panneaux feints ».

Exposition du 16 février au 18 mars 2017