Jean – Marc SCANREIGH

Devant une toile de Scanreigh, on ne mesure pas toujours la part de réel qui la constitue.

Cet art qui pourrait tenir du néo-expressionisme ou de la Figuration Libre n’en a ni la gestuelle ni le côté viscéral. Le chaos scanreighien est tenu en laisse, tout y est prémédité, le trait et les contours contenus : ils ont le souvenir de l’outil du graveur. C’est en effet le passage à la gravure du bois et du cuivre qui a forgé le style graphique du peintre des années 80. […]

La main de l’artiste fait flèche de tout bois, unifie et phagocyte tout. Reste une sorte de rébus visuel […] que le spectateur de Scanreigh essaie de deviner, il croit reconnaître, mais il n’est pas encouragé au décryptage. Il devra s’en tenir aux énigmes, se laisser simplement persuader par ce qui a été capté, recomposé, noyé dans la couleur au profit de l’échange des imaginaires.

A Lyon où il s’installe en 1983, Scanreigh obtient  rapidement le soutien de l’homme d’affaires mécène, Gilles Blanckaert, qui met à sa disposition un immense espace dans son usine de Villefranche-sur-Saône. C’est là qu’il inaugure une série de peintures sur du bois de récupération qu’il nomme les « palettes ». La période lyonnaise est aussi celle d’une aventure éditoriale qui l’amène à collaborer avec des écrivains et des poètes, œuvres croisées sous forme d’estampes à texte ou de livres d’artistes. Cette complicité avec le monde de l’écriture lui vaut d’être régulièrement sollicité pour apporter un contrepoint graphique à la plume des auteurs […].

LA COULEUR – Du 25 octobre au 7 décembre 2019

Soirée de vernissage jeudi 24 octobre 2019 à 18h30