D’UN TRAIT – DU 15 MAI AU 13 JUILLET 2019

      

D’un trait, celui qui relie les travaux de Serge Bloch et Fabio Viscogliosi réunis dans cette exposition. Un trait dessiné à main levée pour y retrouver la part aérienne d’un voyage sur la feuille de papier, le désir d’aller à l’essentiel avec le minimum de représentation possible. D’un trait, cette expression qui évoque les trajets que l’on fait sans escale, pour y relever le mouvement de la main. Tous deux dessinent, dans une pratique quotidienne, comme dans une respiration de la vie.
Serge Bloch dessine. On a tous le souvenir de son personnage SamSam dans Pomme d’Api édité chez Bayard Jeunesse, de ses dessins de presse dans le New York Times, Le Monde, Télérama, Psychologies, La Vie, Le Nouvel Observateur, Marianne, Libération…il a illustré plusieurs centaines d’ouvrages, on retrouve ses dessins dans les campagnes publicitaires de plusieurs grandes marques, il a reçu d’innombrables prix. Dans cette continuité artistique les dessins qu’il montre dans ses expositions personnelles laissent entrevoir la même déclinaison d’un humour très subtil soutenu par l’élégance du trait, sa simplicité, son minimalisme, cette recherche d’une esthétique sobre et joyeuse. C’est ce presque rien du trait, cette forme d’éthique et d’ascèse dans la représentation de l’image, qui fait sens dans son travail.
Fabio Viscogliosi dessine, mais il est aussi peintre, illustrateur, musicien, écrivain. Il faut pratiquer tous ses talents, ne rien s’interdire, rejeter tout ce qui enferme dans une discipline, être « pour tout ce qui aide à traverser la nuit » pour reprendre le titre d’un de ses romans paru en 2010 chez Stock.
Il dessine et son travail de peinture garde également le souvenir du dessin, dans cette indécision voulue entre l’abstraction et la figuration, laissant au spectateur la possibilité d’une poursuite mentale de la représentation, d’un achèvement des formes pour les rendre parfaitement assimilables à des paysages ou des objets reconnaissables. Avec des vides, des aplats simples de couleur monochrome, des effets de trame, il crée un univers visuel singulier en équilibre entre le silence et la narration qui joue avec l’intime, des mémoires visuelles d’enfance, des émotions perdues qui rejaillissent alors avec bonheur.

D’un Trait, Bernard Collet
(commissaire d’exposition)

Soirée de vernissage vendredi 17 mai à 18h30