Claude BURAGLIO

« Au début, c’est brutal. Brutal comme la boxe. Brutal comme toutes images que Claude Buraglio puise dans des revues érotiques des années trente. Brutal comme seules peuvent l’être les images. Et puis on se rapproche, pour mieux voir, pour savoir quelle part de sexe se dissimule sous ce combat. Alors l’image se brouille, laissant apparaître une trame grossière, sous les reflets d’un Plexiglas. Pour voir, il faut reculer, se tenir à distance. C’est en faisant cela, en tenant à distance – comme on dit tenir en joue – que Claude Buraglio donne naissance à une œuvre. Une œuvre tendue entre violence et beauté.

 « Je lessive l’image », dit Claude Buraglio, « pour sauver ma peau ». Il y a, dans cette démarche, une forme de rédemption laïque : une transfiguration de la violence subie en beauté violente. Une beauté étrange, dérangeante : comme l’improbable mariage d’Édouard Manet et de James Ellroy. »

 

Pierre Wat, 1998.

http://www.claudeburaglio.com/

Exposition « FIGURES / LE SYNDROME DE SAÜL » – du jeudi 12 avril au samedi 19 mai 2018 –